Parsa Farjam

Le temoin

05/10/2025

Il est vers huit heures du matin, et les rayons chaleureux du soleil commencent à frapper ma peau si lisse et si froide. La nuit se fait remplacer par le bruit des étudiants en route vers leurs premiers cours.

À travers les années, j’ai vu et entendu des milliers d’histoires dans des dizaines de langues. J’ai vu des amours se construire et se détruire. J’ai été témoin de câlins qui durent des minutes et de disputes qui durent des heures. J’ai entendu des gens crier de joie ainsi que de tristesse. Des blagues ? J’en ai entendu des très bonnes et des très mauvaises. Je connais la trahison et je connais la violence. Je connais tous les côtés sombres et clairs de l’esprit humain.

Ma mémoire est remplie de plus de soixante ans d’histoires et de secrets que je ne serai jamais capable de communiquer. Je n’ai pas de bouche pour parler, pas de mains pour faire signe. Je vois tout, et je me souviens de tout ; mais cette information ne sortira jamais de mon âme. Je suis la porte de la bibliothèque universitaire d’Orsay.