Tout était prêt. Chaque mouvement et chaque geste bien maîtrisé. Rien ne pourrait mal se passer ; je connaissais parfaitement tous les systèmes anti-vols, ainsi que toutes leurs failles. J’avais travaillé dans cette boutique pendant dix ans quand le nouveau patron m’a remplacé par une intelligence arti!cielle. Je les déteste ! Ils m’ont pris ma carrière, mon salaire, ma dignité ! C’est à cause d’eux que je suis obligé de voler aujourd’hui. Ce n’est pas pour le plaisir, c’est pour la survie.
J’approche le rayon en toute sécurité. Ma main, avec une vitesse qui rivalise la lumière, enlève la bouteille de parfum et la place dans mon sac. Mon expression reste neutre, inchangé. « Ah hah, monsieur Park ! Vos jouets technologiques ne peuvent rien faire contre l’intelligence humaine ! » je me suis dit.
D’un coup, je sens un regard qui me !xe alors qu’il n’y a personne autour de moi.
« Antoine ! »
C’était ma propre voix. Mais comment est-ce possible ?
« Toi ? Un voleur ? J’espère que c’est un cauchemar… »
« Je n’ai pas de choix… Je n’ai pas à manger pour ce soir et il ne me reste que trois euros »
« Et tes valeurs ? Ils sont où ? Ils sont partis en vacances ? »
« Les valeurs ne gagnent pas d’argent »
Je me dirige vers la sortie. Je ne vais pas me laisser m’arrêter moi-même.
« Tu as encore le temps. Prends la bonne décision ! »
« Je ne peux pas, Antoine. Je ne peux pas. Tu le sais bien. »
« Tu auras d’autres possibilités ; tu le sais ! »
J’en avais assez. Dans mon sac je cachais un pistolet pour tuer toute personne qui se présente comme obstacle à ma mission. Antoine devrait mourir, il n’y en avait pas dequestion. Je le sors, je désactive la sécurité, et dans trois, deux, un…